Dexter1  

 

Genre : Thriller sanglant 

 

Année: 2006. Série crée par James Manos Jr (USA) pour la chaîne Showtime.

 

 

L’histoire: Le quotidien d’un expert scientifique du service médico-légal de la police de Miami qui se révèle être aussi un tueur en série justicier pendant son temps libre.

 

 

A propos de la série :

 

Elle est basée sur une série de roman policier écrit par Jeff Lindsay. Il est à noter que l’on retrouve au générique Michael C.Hall. L’inoubliable frère gay de la série Six feet under remporte tous les suffrages dans son interprétation de son personnage d’une complexité rare pour la télévision. On notera  aussi la présence de deux transfuges de la série carcérale OZ : David Zayas  qui jouait un des leaders du clan latino et Lauren Vélez, l’infirmière du pénitencier. Ils jouent ici respectivement le rôle d’inspecteur et de lieutenant.

 

Critique de Ber :

 

 

Après avoir versé une dernière larme sur l’épilogue réussi de Six feet under et de demeurer en perpétuel questionnement sur le final ouvert (mais néanmoins grandiose dans la dramaturgie) des Sopranos (mes deux séries phares des années 2000), il était temps de m’intéresser à une nouvelle série qui allierait qualité et originalité. A première vue Dexter remplissait aisément le cahier des charges.  

 

On est ici confronté à un héros on ne peut plus ambigu. D’une froideur sans pareil, Dexter n’invite pas, dès ses débuts, à un quelconque attachement à son personnage central.
Il faudra aller au-delà du pilote pour commencer à se retrouver « à l’aise » avec cet environnement pas comme les autres. Car la vertu première d’une série c’est bien de fidéliser toute une légion de fans et on notera tout de suite que le cinéma ne pourra jamais se permettre d’utiliser de tel héros dont la complexité ne peut pas être englobée en deux petites heures.
C’est là que réside la force du format tv pour le moment. Par des scénarios judicieux et provocateurs on peut ouvrir une boîte de Pandore d’émotions diverses que pourra vivre le spectateur sur plusieurs années. Le tout est de ne pas faire la saison de trop…

 

Revenons à nos moutons.  Par l’intermédiaire de son héros qui feint sa propre vie de A à Z, la série nous renvoie en pleine figure une critique de notre société de faux-semblants où le paraître importe beaucoup plus que l’authenticité ! 
De plus Dexter ose le pari un peu fou de proposer du gore à la télévision. Non, vous ne rêvez pas mes chers amis fans de cinéma qui tache !

 

 

La première partie de la saison se résume un peu à une  présentation des activités « borderline » de Dexter. Jalonné de flash back sur son éducation privilégiée avec son père adoptif, le récit va tout de même vite se concentrer sur un tueur en série  qui intriguera dès le départ notre héros.
Cela va vite se transformer en fascination morbide. Avant d’aller plus loin, il ne faut pas oublier l’entourage qui gravite autour de Dexter. Cela se résume en deux axes : d’abord le commissariat de police avec sa sœur qui rêve de travailler à la criminelle, un inspecteur black ex agent secret et un autre latino en grosse crise de couple et enfin leur lieutenant Latina en conflit majeur avec son supérieur hiérarchique. L’autre axe est la vie sentimentale de Dexter avec une ancienne femme battue dont le mari est en prison et qui élève courageusement deux petits.

 

 

Petit entracte : malgré l’aspect dramatique, on relèvera quelques scènes cocasses. Comme celle où Dexter demande des conseils amoureux à deux amants ensaucissonnés par ses soins juste avant de les tuer ou on aura droit aussi une scène de cunnilingus totalement inappropriée.

 

Mais le burlesque s’invitera beaucoup moins dans la seconde partie de la saison. Celle-ci va basculer vers une dramaturgie assez malveillante. Le tueur en série qui fascinait Dexter va prendre de plus en plus de place et finira même par envahir l’espace vital du héros. Il arrivera à le plonger dans une sorte de longue séance d’électrochoc émotionnel où tout le refoulement lié à sa propre enfance va resurgir tel un déferlement freudien.
La scène où Dexter, emmailloté dans une combinaison stérile, tombe littéralement dans les pommes sur une scène de crime particulièrement sanglante illustre très bien sa descente au plus profond de lui.
Tout un pan de sa petite enfance va resurgir en lui tout en nous éclairant sur son véritable rapport avec le sang qu’il étudie amoureusement pendant ses enquêtes.  

 

Les réalisateurs auront aussi la bonne idée de révéler l’identité du tueur mystérieux avant la fin de la saison, accentuant dès lors la tension psychologique de certaines scènes où ce dernier jouera à découvert à la vue de tous.

 

 

Le tout dernier acte, quant à lui, ne décevra personne et il aura le mérite de clôturer le plot scénaristique principal tout en semant quelques pistes pour la suite des hostilités…  

 

Ce nouveau petit microcosme aura réussi à égayer le désormais trop « embouteillé » monde des séries tv. Dire qu’on attend la saison deux pour confirmer la bonne tenue du matériel d’origine serait un euphémisme.
En lieu et place du plan final tenant en haleine le spectateur interloqué d’attendre si longtemps la suite, Dexter choisit plutôt de se terminer sur des points de suspension par une scène jubilatoire alliant merveilleusement humour et cynisme. A elle seule, elle décrit parfaitement l’état d’esprit de notre nouvel héros au sortir de douze épisodes éprouvants.  

 

A suivre donc…

 

 

 

 

Ber

 

NOTE : 16/20