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Genre : Série tv (Thriller). Créée par James Manos jr pour la chaîne Showtime

 

Année : 2010

 

L’histoire : Dexter est en plein bouleversement depuis la mort tragique de sa femme. Il se reconstruira grâce au boulot et à la mise en chantier d’une sombre vengeance d’une jeune femme, Lumen, envers ses tortionnaires. Dexter l’aidera à orchestrer tout cela.

 

A propos de la série :

 

La saison compte 12 épisodes de 55 min.

Il est à noter que Michael C.Hall est atteint de la maladie de Hodgkin durant cette saison. Suite à son traitement, l'acteur perd ses cheveux, ce qui le contraint à porter une perruque lors du tournage de la série.

 

Critique de Ber :

 

 

En début de saison, la série alterne le chaud et le froid. Le tout premier épisode, quant à lui, est en tout point parfait. On reste coi face à un Dexter asphyxié devant les sentiments qu’il n’arrive pas à ressentir suite à la mort de Rita. Les auteurs remettent vraiment en perspective le côté psychopathe du héros. D’ailleurs sa douleur ne pourra s’exprimer que via un meurtre gratuit. Glaçant. Cet épisode, tout en apesanteur, ouvre merveilleusement les hostilités.

 

La série va alors introduire un nouveau personnage : une femme en piteux état, témoin des activités borderline du spécialiste du sang. Elle finira par réussir à embrigader Dexter dans une virée vengeresse envers ces cinq tortionnaires.

 

Rien à jeter pour le moment mais plusieurs petites choses conjuguées vont faire tiquer l’aficionado de la première heure. Tout d’abord deux petites invraisemblances viendront plomber l’affaire (un Dexter flirtant un peu trop avec le feu dans un entrepôt sachant la police en chemin et un coup de fil, passé par un des coupables à un complice, qui ne sera pas exploité). Des menus détails me direz-vous ? Mais la suite est plus inquiétante. On va vite avoir l’impression d’entrer dans des schémas narratifs assez balisés lorsqu’on connaît bien la série : un collègue de travail qui enquête sur Dexter, la sœur qui tombe amoureux du mauvais gars ou encore Dexter qui crée de fausses preuves pour éloigner la police afin d’avoir les coudées franches. Est-ce que ce sentiment est irrémédiable ?

 

Nenni ! Passé le cap de la mi-saison, toutes les intrigues vont se complexifier et gagner en intensité. Par exemple, le collègue suspicieux va engager un vieux briscard buriné (on le croirait tout droit sorti d’un roman d’Elmore Leonard) pour pister Dexter. Et quand il voudra qu’il arrête les frais, le chien fou se la jouera en solo pour le plus grand bonheur des fans de suspense. Ce qui va être également tiré vers le haut, c’est l’épopée vengeresse. Elle ne cessera de monter crescendo jusqu’ à atteindre son paroxysme lors de l’approche du face à face final contre une figure publique et médiatique. Ce génie du mal, peu pragmatique finalement, manipule tout son petit monde sans hésiter à sacrifier ses complices s’il le faut. Tout en ayant la faculté d’avoir toujours un coup d’avance sur Dexter et Lumen.

 

Les intrigues secondaires sont également passionnantes. Divers pavés son jetés dans la mare afin d’introduire quelques pistes poussant à la réflexion : les rapports amoureux au boulot, la chef hiérarchique qui remet ses erreurs sur le dos d’un sous-fifre ou encore l’aspect génétique du côté sociopathe de Dexter. Pour ce dernier point, les auteurs traitent avec humour des inquiétudes de Dexter envers son fils (où tout le monde décrypte des « bye bye » dans les babillements du bébé, Dexter entend sans le moindre doute  des « die die »). De façon beaucoup plus sérieuse, ils pousseront Debra, sa sœur, à tuer un malfrat dans l’exercice de ses fonctions. Et elle d’être toute étonnée de ne pas ressentir le moindre remords. Tiens,tiens…

 

Les deux épisodes finaux sont un peu en deçà, je trouve. La tension était telle qu’elle n’est pas maintenue jusqu’au bout. Une autre chose me chiffonne. C’est le peu de conséquence encourue par Dexter via la proximité qu’atteindra sa sœur, de plus en plus perspicace, sur ses activités illicites. D’ailleurs, la scène où il est « à découvert » et mis en joue par Debra, séparé juste par une toile opaque, n’est pas des plus originales.

 

 

Un cinquième volet qui, sans atteindre la quintessence de la saison précédente, ne déroge pas au label qualité de la série.

 

Note : 15,5/20

 

Ber