True_Blood_Season_3_Poster_cast

 

Genre : Série tv (Fantastique) créée par Alan Ball pour la chaîne HBO.

Année : 2010.

L’histoire : Le roi vampire du Mississippi et sa meute de loups-garous vont sérieusement perturber le quotidien de toute la communauté de Bon Temps.

A propos de la série :

Cette saison compte 12 épisodes de 45 minutes.

 

Critique de ber :

 

True blood perpétue religieusement  son éternel credo « On ne se repose jamais sur ses lauriers ». Fidèle à son rythme très soutenu, la série continue à creuser le sillon du fantastique  à outrance. On verra alors tous les personnages avoir à faire avec la magie mais sous des formes disparates. Sorciers, fées et loups-garous viendront alimenter le bestiaire de la série

 

On nage tout de même dans un thème récurrent, et non moins intéressant, à savoir la généalogie. Chacun va être confronté, d’une manière d’une autre, à ses origines aussi lointaines soient-elles. Et les méthodes utilisées par les scénaristes partiront dans tous les sens : des flash-back sur les origines Vikings d’Eric pour illustrer une vengeance séculaire, une enquête personnelle qui verra Merlotte retrouver ses véritables parents un poil pèquenauds et des trips hallucinatoires feront revisiter ses ancêtres à un Lafayette qui se croyait pourtant chevronné en aventures extrêmes.

Emergera également de tout ce fatras temporel, la véritable nature de Sookie. La vérité viendra à elle via quelques secrets éventés qui engendreront d’innombrables questionnements. Au vu du final de la saison, les réponses formeront l’arche principale de la saison 4.

Passons maintenant au plat de consistance : le nouveau personnage qui bousculera la relation entre Bill et Sookie. L’aura maléfique de Russel Edgington planera sur l’ensemble de la saison. Présenté tout d’abord sous les atours d’un dandy affable, le roi du Mississippi va vite prouver la véracité de son sobriquet, « le Vampire de plus fourbe de tous les temps ». En manipulateur hors pair, Russel contrôle une meute de loups-garous (rendus dociles par une dépendance au sang de vampires). Mais à trop venir se frotter à Bill et compagnie, il y perdra son bien le plus précieux. S’ensuivra (après une prise forcée d’antenne à la tv par un Russel déchaîné !) une totale remise en cause de la politique d’acceptation des vampires.

Le duo gagnant des précédentes saisons, à savoir le mélange gore-sexe, aura toujours autant voix au chapitre. Pourtant j’ai décelé un ton plus grave lors des scènes sanglantes comme pour atténuer quelque peu le désamorçage de l’horreur par le rire. D’ailleurs ce ton plus sérieux atteindra aussi progressivement la série.

Les trois derniers épisodes sont véritablement habités par une atmosphère dramatique assez pesante. Une scène percutante en fait magnifiquement écho : Russel rejouant la mise à mort de son amant avec un prostitué pour lui dire au revoir. Glaçant !

A défaut d’utiliser la dithyrambe à excès, je dois bien concéder qu’à force de ne jamais rien se refuser, les scénaristes n’évitent pas quelques accrocs. J’en veux pour preuve le côté kitsch du royaume des fées ou encore le ridicule des tenues de combats de la police narcotique vampire (on se croirait dans la série V originelle). Et on frise l’overdose lorsqu’on découvre une nouvelle race dans le bestiaire fantasmagorique : les panthères-garous !

Et le traitement des personnages dans tout ça ? C’est là que la série se sublime à mon avis. Le triangle amoureux de départ se transforme en quelque chose de bien  plus complexe. Sookie perd peu à peu son côté cruche et les deux vampires illustrent merveilleusement le côté sournois de la race aux dents acérées tout en magnifiant leur légendaire pendant romantique qui les enlise dans le rôle d’amoureux maudit. 

Personne ne sera oublié dans l’histoire que ce soit les personnages proches de sookie (le frère meurtri veut devenir flic, la meilleure copine qui s’accoquine avec un vampire vagabond) ou les protagonistes secondaires (une serveuse du bar qui se voit enceinte du tueur en série de la saison 1, le chef de chantier  essayant d’oublier sa dulcinée vampire) Ce qui est passionnant également, c’est la relation privilégiée liant le vampire à son/sa protégé(e) (ç-à-d l’humain qu’ils ont choisi de rendre immortel pour demeurer à leur côté). Très difficile à définir, ce lien se distille entre amour passionnel, rapport masochiste et loyauté indéfectible.

En conclusion, True blood continue son petit bonhomme de chemin. En enrichissant inlassablement son univers dans la droite lignée des comics américains, la série se déploie en sortant un petit peu le cadre deLa Louisiane. Commepour nous signifier que la magie n’a pas de frontières. La qualité est toujours au rendez-vous sans pour autant supplanter la précédente saison. On est dans une sorte de statut quo qualitatif avec une foultitude de nouvelles pistes scénaristiques!

Note : 18/20

 

Ber