Boardwalk_Empire

Genre : Série tv (Dramatique) créée par Martin Scorsese et Terence Winter d'après le roman Boardwalk Empire: The Birth, High Times and the Corruption of Atlantic City de Nelson Johnson pour la chaîne HBO.

Année : 2010.

L’histoire : Les années 1920. Atlantic City. Le trésorier du comté Enoch « Nucky » Thompson décide de se lancer dans le trafic illégal d'alcool au moment où débute la Prohibition. Il ne tarde pas à rencontrer la concurrence de trafiquants d'autres villes (Chicago, New York).

A propos de la série :

Cette saison compte 12 épisodes de 45 minutes.

Critique de ber :

Sujet en or pour Martin Scorcese qui, en tant que co-créateur du programme, se fait plaisir en réalisant le premier acte de main de maître. Ses armes : une superbe exposition de l’intrigue et une mise en scène brutale mais ô combien classieuse (ses « ralentis-arrêt sur image » sont à tomber par terre !)

Fort d’une mise en bouche pareille, la série ne cesse de transformer l’essai, épisode après épisode. En épousant la destinée de ce trésorier corrompu qui garde une aura angélique, les scénaristes arrivent à introduire des thèmes sous jacents forts (la prohibition, les premiers votes de femme, l’élection du président des USA…). Petit à petit, les corrélations entre personnages en viennent à devenir presque mythologiques (le bras droit renié puis réadoubé, la nouvelle intraitable compagne de Nucky qui arrive à le mettre à nu, la mutinerie qui se fomente auprès de ses proches lors du final…)

La série va intelligemment sortir des frontières d’Atlantic city pour s’intéresser àla Prohibitiondans les deux autres grandes villes que sont Boston et New York. Là encore, le coup de génie des auteurs est de traiter de deux grandes figures du banditisme (Al Capone et Lucky Marciano) mais au moment où ces derniers ne sont encore  que sous-fifre. Point de têtes connues pour interpréter ces deux légendes car les poids lourds occupent d’autre poste stratégique :

Steve Buscemi habite littéralement le rôle principal. On n’est pas loin de se dire que la télévision lui a offert le grand rôle que le cinéma n’a jamais voulu lui octroyer. Michel Pitt, dans le rôle du second, est au diapason avec une interprétation assez contenue tout en faisant ressentir, en filigrane, le trauma du jeune vétéran de guerre.

Même si la série est peuplée d’une ribambelle de malfrats en tout genre, c’est le policier anti prohibition, un Michael Shannon littéralement habité, qui a le rôle le plus sombre. D’une détermination inquiétante, l’agent va complètement tomber dans une quête improbable où tout les coups son permis. Il en arrivera à commettre l’irréparable et son côté fervent catholique va le mener dans une espèce d’expiation maléfique (auto mutilation, fornication). J’ai rarement vu un tel personnage dans le monde du petit écran.

Je ne vois pas vraiment de défaut à cette première saison qui nous offre un panorama peu obséquieux  des Etats-Unis des années 20. J’y adhère complètement en souhaitant aux auteurs un semblable élan d’inspiration pour la suite !

Note : 19,5/20

Ber