sons_of_anarchy_season_3

Genre : Série tv (Dramatique) créée par Kurt Sutter pour la chaîne FX.

Année : 2010.

L’histoire : le SAMCRO  s’exile en Irlande sur les traces de Jimmy O qui a enlevé le jeune bébé de Jax, le vice président du club.

A propos de la série :

Cette saison compte 13 épisodes de 45 minutes.

Critique de ber :

Malheureusement la série ne réussira pas la passe de trois dans son entreprise d’un triptyque proche de la perfection. Cela est dû à un préambule au départ du club pour l’Irlande qui manque de rigueur dans l’enchainement des événements (une fausse piste canadienne à rallonge et un côté trop poussif du départ conjugué de Gemma pour l’Irlande). Comme si les scénaristes avaient peiné à agrémenter tous leurs ingrédients pour faire monter la sauce. Chose qu’ils  avaient réussies haut la main lors de leurs deux précédentes livraisons.

De plus, ces premiers épisodes ne sont pas non plus exempts d’invraisemblances : Gemma, en cavale, qui se planque tranquillos chez son père souffreteux ou encore le néo copinage entre Tara, la dulcinée de Jax, et sa DRH.

Ce triste constat est d’autant plus dommage que l’arrivée de notre crew favori en terre gaélique coïncide avec un retour en grâce du programme. Les auteurs, pour l’occasion, colorent le générique de fort accent irish. Chouette petite attention pour nous faire pénétrer dans la complexité de cette Irlande clandestine où la police est corrompue et le pays divisé en plusieurs factions armées.  Nos héros pénétreront dans les arcanes de l’IRA sans pour autant éviter de se faire manœuvrer comme de vulgaires pantins. Tout respire l’authentique et le personnage du Père Ashby, conseiller militaire de l’IRA, illustre intelligemment l’inextricabilité irlandaise entre religion et bras armé.

Irlande, île antédiluvienne qui sera le théâtre d’un mélodrame shakespearien qui trouvera son épilogue à deux épisodes de la fin. Toute cette seconde partie de saison maintient le spectateur dans un sentiment d’insécurité perpétuelle. Tout y semble encore plus complexe que sur le sol américain. C’est prenant de bout en bout. En plus, Jax se trouvera à nouveau confronté au fantôme de son père (qui a vécu longtemps à Belfast). En nourrissant à nouveau le côté tourmenté de son héros, la série ne lâche pas ce filon en le creusant encore plus. Ici, Jax découvrira fortuitement la vie parallèle de son père mais au prix d’un acte presque incestueux (une scène d’ailleurs traitée avec beaucoup d’aplomb). La quête du fils disparu entamera véritablement la psyché de Jax qui hésitera grandement au moment de récupérer son fils (une magnifique scène pleine d’émotion où il suit le couple adoptif de son fils en absorbant tout l’amour dont les deux jeunes gens abreuvent le bébé).

L’avant dernier épisode nous entraîne dans une prise d’otage avec une négociation houleuse. Ce nouvel élan d’action pure et dure nous apparaît indigeste après le chemin de croix vécu en Irlande.

La série se plante un chouïa en voulant trop gonfler son scénario, à mon humble avis. Car, en filigrane, on suit également  l’ascension d’un politicard qui brigue la mairie de Charming avec des méthodes on ne peut plus illicite (un futur arc narratif) et l’Agent Stahl est toujours omniprésente avec un machiavélisme qui ne cesse de croitre (sa disparition en devient  inéluctable). Sans parler de la trêve convenue avec les Mayans au prix de plusieurs actes malveillants dans les deux clans. Stop n’en rajoutez plus !

L’ultime épisode a le mérite de tout régler et de façon assez inattendue (au sujet de l'accord sous cape entre Jax et l'agent Stahl)grâce à un scénario à tiroir, avec retournement de situation. Mieux encore : il lâche une bombe à retardement via des lettres du père de Jax qui insinue grandement une suspicion intestine sur l’origine de sa mort. Comme quoi, même si la série redescend un peu de son piédestal, elle arrive quand même à nous promettre de beaux lendemains…

Note : 15,5/20

Ber