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Genre : Série tv (Policière) créée par Graham Yost pour la chaîne FX.

Année : 2010.

L’histoire : Raylan Givens, marshal mis au ban par se pairs à Miami, doit retourner exercer ses fonctions à Harlan, dans son Kentucky natal.

A propos de la série :

Cette saison compte 13 épisodes de 42 minutes. La série est basée sur un personnage sorti de l’imaginaire de l’écrivain Elmore Leonard. La série est une adaptation du roman numérique « Fire in the hole » (pas encore traduit chez ns). Il est à noter que le perso de Raylan Givens était déjà apparu dans deux romans de l’auteur américain.

Critique de ber :

 

La première moitié de saison est plutôt banale avec son héros flegmatique dégainant plus vite que son ombre (Lucky Luke ?). Le thème du représentant de l’ordre banni par ses pairs est également un sujet à des années lumières d’une quelconque originalité. Les épisodes s’enchainent donc sans déplaisir pour le spectateur. Ces premiers faits d’arme jettent les bases d’un western moderne sur fond de corruption et de banditisme que je qualifierai de rural.

 

Pourtant une somme de petites choses disparates vont totalement changer la donne. Le ronronnement qui s’était installé va laisser place à une dramaturgie sourde. Le héros va payer cash ses petites pratiques de dilettante (il couche avec le témoin d’une affaire qui l’occupe), faisant imploser son statut limite agaçant, à l’écran, d’intouchable. A partir de là, la série va gagner en profondeur dans l’étude des caractères. Raylan va se retrouver au milieu des tirs croisés de la Dixie mafia (la mafia du sud des USA), d’hommes de main patibulaires venus secouer son ex-femme et d’un père malhonnête et sournois.

 

Mais ce qui va sublimer le programme est la création d’un ennemi récurrent. Illustré tout d’abord comme un redneck lambda, Boyd Crowder  va tout doucement se trouver des airs de prédicateur illuminé suite à une balle reçue des pistolets de Raylan. Sans rancune aucune, il va se déployer, en parallèle du héros, pour devenir au final une sorte d’alter ego méphistophélique du marshal. Un lien invisible cadenassera les destinées des deux hommes. Cette attache provient de leur camaraderie qui remonte à l’enfance et de l’ombre cyclopéenne de deux paternels aux desseins véreux. On est en plein dans le mythe du super héros et de son intraitable adversaire, cher à la culture ricaine.

 

Malheureusement l'ultime épisode, prometteur, au vu de la tension scénaristique instaurée, est quelque peu escamoté par un climax tombant à plat et des derniers plans pas très racoleurs.

 

Au rayon distribution on retrouve un Timothy Oliphant (Deadwood) assez juste dans le rôle du héros avec un jeu tout en économie (mais p.e. trop bon samaritain). Walton Goggins (déjà détonnant dans The Shield) nous démontre à nouveau son énorme talent en donnant vie à ce pyromane religieux excentrique sans jamais verser dans le risible. Joelle Carter, inconnue au bataillon, interprète le rôle féminin principal (Ava)  et y impose une véritable plus value avec un jeu sexy au diable doublé d’une candeur étudiée.

 

Une série qui sort indéniablement du lot. Et ce de façon totalement inattendue (on n’est pas vraiment dans l’univers de Leonard et ses bandits très branques et verbeux). A suivre de près, d’autant plus si elle réussit à se réinventer dans l’avenir, fort de ses solides bases.

 

Note : 16,5/20

 

Ber