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Genre : Série tv américaine (Comédie noire) créée par Noah Hawley pour la chaîne FX

Année : 2014

L’histoire : En 2006, Lorne Malvo arrive dans la ville de Bemidji, dans le Minnesota. Il influence alors la population locale, de par sa violence et sa malice, et notamment le vendeur d'assurances Lester Nygaard.

A propos de la série :

La saison compte 10 épisodes 50 minutes. La série est basée sur le film Fargo  des frères Coen.

Critique de ber :

Le phénomène n’est pas nouveau. Faire dériver d’un film (qui a un tant soit peu de notoriété) une série tv. Mais rare sont ceux qui ont réussit à ne pas galvauder l’œuvre originale. Ici, tenter de faire percoler le ton des frères Coen (et leur humour noir dévastateur) sur une série tv relevait  de la gageure. Car ce type de programme n’existait pas vraiment dans le paysage audiovisuel et de plus, le projet a tout de même quelque chose de casse gueule quand on connaît le culte qui entoure le film originel.

Pourtant le miracle a lieu et ce, dès le premier épisode, qui peut déjà se regarder comme un petit film en soi.  Il est  truffé d’éléments estampillés « Coen Brother » ! Cela va de l’ambiance pittoresque et glaciale jusqu’à la caractérisation des personnages. On a toujours le petit notable un poil benêt (Martin Freeman, a.k.a. Docteur Watson, parfait dans le rôle) empêtré dans une situation inextricable et une policière dont l’esprit de déduction est bien au dessus de la moyenne.

Pour que le décor soit planté, il ne manque que le petit grain de sable qui va précipiter tous les événements macabres dans cette petite ville voisine de Fargo. Et il prendra les traits d’un Billy Bob Thornton jouant les tueurs à gage froids et diaboliques. C’est la grosse plus-value du programme. Armé d’une interprétation tout en détachement malsain, l’acteur incarne un Lorne Malvo insaisissable telle une anguille pour les policiers locaux. Ce « croquemitaine » humain, de par son charisme, est le véritable premier rôle tant son aura en impose sur les autres personnages. Bluffant !

Les auteurs n’oublient pas non plus les clins d’œil d’usage envers son œuvre fondatrice. Dès le générique, d’une originalité toute discrète, chaque épisode s’ouvre sur la première scène avec toujours le même texte incrusté : « Les faits relatés se sont réellement passés…. », faux avant propos emprunté au génial film des frères Cohen. Il fallait y penser ! On apprendra également le devenir de la mallette remplie de billet égarée sous la neige dans le long métrage. Et ce dans un aparté quelque peu anecdotique qui convoquera  une prétendue action divine. Jouissif !

On peut tiquer un peu lorsque le scénario se la joue échevelé dans l’avant dernier épisode. Prétextant une ellipse d’une année, les créatifs veulent définitivement mettre notre assureur pétri d’orgueil face à une réalité qui va le rattraper. Quand c’est pour nous concocter un final au petit oignon où la poudre va exploser, des boyaux vont prendre l’air et que très peu de monde va s’en sortir indemne, moi je dis que c’est pardonné !

Note : 17,5/20

Ber