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Genre : Série tv italienne (Drame policier) créée par Stefano Sollima pour la chaîne Sky atlantic

Année : 2016

L’histoire :

Une année est passée et Ciro a pris la place des Savastano en instaurant une alliance entre tous les lieutenants des quartiers nord de Naples. Don Pietro couve sa vengeance, cloitré dans un appartement, tandis que son fils, Genny, s’est exilé en Amérique du sud pour gérer, en aval, l’entrée de la drogue en Italie.

A propos de la série :

Cette saison compte 12 épisodes de 58 min.

Critique de ber

Cette saison maintient la série dans les cimes de ce genre télévisuel. D’abord maligne lorsqu’elle s’ouvre sur les quelques minutes qui suivent la fin de la précédente saison. Sur un Genny entre la vie et la mort, un Don Pietro en cavale et une situation totalement redistribuée dans le quartier de la Scampia avec un nouvel homme fort : Ciro.

 

Ainsi tenu en alerte, le téléspectateur peut pénétrer, dès le second segment, dans les nouvelles trames scénaristiques.

 

Tout le monde est plus vieux d’un an et la situation est à couteaux tirés. La nouvelle alliance rend l’atmosphère on ne peut plus délétère avec un Ciro qui essaie, à corps perdu, de maintenir un semblant d’équilibre. A chaque épisode, il sera confronté à de nouveaux aléas qui le feront plonger, inexorablement, vers une issue que l’on devine éloignée du mot favorable.

 

Une saison donc de haute qualité mais très très sombre. Les exécutions seront légions et les survivants n’auront de cesse de se retourner pour anticiper de quelconques coups de poignard dans le dos. C’est très tendu de bout en bout avec quelques moments de haute volée (poético-sanguinaire) éparpillés durant les douze épisodes : Don Pietro qui vit caché dans un cagibi et ne se déplace que par les égouts, Ciro qui doit éliminer lui-même sa propre femme ou encore un règlement de compte final dans un cimetière, au pied de la tombe de Don Imma, l’épouse défunte de Don Pietro. Le sommet est même atteint lors d’une scène qui illustre bien la folie ambiante. Quand Scianel (prononcez Channel), lieutenant peroxydée haute en couleur, se prête au jeu d’un karaoké à la salle de bain, face à son miroir, avec un godemiché en lieu et place d’un micro. Alors que dans le même temps, on tente de tuer son fils dans la cage d’escalier…

 

La série passionne en épousant, çà et là, les destinées de plusieurs personnages, à des degrés d’importance variable. Que ce soit le spécialiste du coupage de la poudre ou bien des gars des ruelles frustrés ou parfois des caïds un peu plus importants. Et tous ces points de vue concourent à illustrer une situation telle une poudrière qui couve sans aucun temps mort.

 

Cela peut paraître un tantinet pesant mais cela semble essentiel à ce que les créatifs veulent générer chez l’auditoire. A savoir un malaise constant et un sentiment de malédiction qui rayonne autour de tous les personnages. Et donc bien loin des clichés des mafieux qui ont la « Grande Vie » avec un statut d’intouchable. Le programme se termine sur une grosse scène de règlement de compte digne d’un western spaghetti (trois personnages et un grand espace meublé par des pierres tombales) mâtiné à la sauce shakespearienne.

 

On est à bout de souffle et les deux années qui séparent chaque saison de Gomorra seront bénéfiques aux spectateurs pour se relever d’un tel déferlement de violence physique et psychologique.

 

Note : 18,5/20

Ber